textes

Caïn

Dans le brouillard de la guerre

Aveuglé par les prières

Enrôlé sous les bannières

Un homme a tué son frère

Lui qu’il avait vu grandir

Partager parfois le pire

Lui qu’il avait vu sourire

Le voit aujourd’hui mourir

L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn

Les maîtres de ce monde

cherchent un accord en vain

Et ma guitare en pleure

à coups d’accords mineurs

Dans le vacarme des armes

Il s’agenouille et lui parle

Il n’a même plus de larmes

Dans ses yeux qui se lézardent

«Ton frère était un méchant »

Lui souffle le commandant

« Il en aurait fait autant

Pour voir triompher son camp »

L’oeil était dans la tombe et regardait Caïn

Les maîtres de ce monde cherchent un accord en vain

Et ma guitare en pleure à coups d’accords mineurs

Dans le brouillard de la guerre

Aveuglé par les prières

Enrôlé sous les bannières

Un homme a tué son frère

La plus belle nuit du monde

La plus belle nuit du monde

Je l’ai passée avec toi

A compter les secondes

Qui me rapprochaient de toi

Un sourire de Joconde

Qui ne me quittait pas

La plus belle nuit du monde

Je l’ai passée avec toi

Je n’veux pas dormir

Pas d’autre désir

Pas de plus beau rêve à découvrir

Simplement sentir

Que tu respires

La plus belle nuit du monde

Je l’ai passée avec toi

Sous une lune blonde

Faisant luire tes cheveux ras

Pas une fille à la ronde

Ne m’a donné cette joie

La plus belle nuit du monde

Je l’ai passée avec toi

Je n’veux pas dormir

Pas d’autre désir

Pas de plus beau rêve à découvrir

Simplement sentir

Que tu respires

La plus belle nuit du monde

Je l’ai passée avec toi

Deux peaux qui se confondent

Et ce petit cœur qui bat

Bien que tu ne répondes

A mes grands sourires béats

La plus belle nuit du monde

Je l’ai passée avec toi

Je n’veux pas dormir

Pas d’autre désir

Pas de plus beau rêve à découvrir

Simplement sentir

Que tu respires

La plus belle nuit du monde

Tu t’en souviendras pas

Tu entres dans la ronde

Et je deviens papa

Ce père qui rit, qui gronde,

Et qui chante pour toi

Sa plus belle nuit du monde

Et sa ravivante joie

Ma maman

Elle m’a donné la vie,

et j’ai crié aussi

Elle est ma chair, mon sang,

elle est ma mère…pourtant

Ma maman,

je ne lui ai pas dit je t’aime

J’étais noyé dans mes problèmes,

adolescent

Ma maman,

elle n’a pas besoin de mes mots

Son instinct lui dit déjà trop

ce que je sens

Moi je voudrais l’emmener

dans une ville inconnue

Où la mort s’est faite chasser

et n’est jamais revenue

Elle est toujours fidèle,

quand bat l’amour de l’aile

Elle est tous mes repères,

quand mon cœur désespère

Ma maman,

plus forte que les religions

Elle est de toutes les régions

de mon cœur

Ma maman,

elle n’a pas besoin de mes mots

Mais je ferai tout ce qu’il faut

pour son bonheur

Oui je voudrais l’emmener

dans une ville inconnue

Où la mort s’est faite chasser

et n’est jamais revenue…

Vous êtes venus ce soir…

Vous êtes venus ce soir

Vous blottir dans le noir

A côté de ces mots

que l’on murmure ou que l’on crie

Pour illustrer nos vies

Vous êtes venus si tard,

Ecouter les guitares

Et le son du piano

qui pleure, qui rit, qui rêve aussi

Pour embellir nos vies

Je voulais chanter, sentir de plus près

La musique de mon cœur,

Et la partager…

Vous êtes venus ce soir

Sur le quai de ma gare

Où j’attends le métro

Et tout cet amour qu’il charrie

Pour décorer la vie

Certains là par hasard

D’autres avec tant d’égard

C’est parfois m’aimer trop

Je n’suis qu’un type à son piano

Je n’suis pas un héros

Je voulais chanter, sentir de plus près

La musique de mon cœur,

Et la partager…

Vous reviendrez me voir

Un jour dans ma mémoire

Et je me ferai beau

Comme tous les soirs où c’était moi

Qui venait pour… vous voir…

Dans les yeux d’Anna

Dans les yeux d’Anna j’ai regardé

Toute ma vie défiler

Et ce qu’elle a d’essentiel

Un sourire au petit déjeuner

Après la pluie l’arc en ciel

Dans les yeux d’Anna j’ai fait danser

Mes souvenirs d’amour blessé

Qu’elle a brulés d’une étincelle

Sa vie a envahi mes pensées

Plus que mon esprit n’en recèle

Dans les yeux d’Anna j’ai oublié

L’ordre de mes priorités

Si légères et superficielles

On a beau s’y être préparé

On devient père et on chancelle

Dans les yeux d’Anna je reviendrai

A bout de bras pour la porter

De cette force intemporelle

Elle me prendra la main pour marcher

Elle aura compris l’essentiel

Shlomo et Salama

Ils sont de cette terre où l’on se fait la guerre

Elle a perdu son frère il a perdu son père

Shlomo et Salama

Elle est de ce pays aux immeubles détruits

Il a grandi ici dans la peur de la nuit

Shlomo et Salama

Il y’a le soleil et la mer

Et tellement d’autres choses à faire

Si l’on y songe un instant

L’amour est au cœur des prières

Quand on les lit à la lumière

De ce qu’elles enseignent vraiment

Elle a mis l’uniforme de l’école de Gaza

Il est dev’nu un homme, a fait sa bar-mitsvah

Shlomo et Salama

Elle a appris par cœur les chansons du Jihad

Il a connu l’odeur et le bruit des grenades

Shlomo et Salama

Il y’a le soleil et la mer

Et tellement d’autres choses à faire

Si l’on y songe un instant

L’amour est au cœur des prières

Quand on les lit à la lumière

De ce qu’elles enseignent vraiment

Elle a fui ses parents qui voulaient la marier

Il a tenu un an avant de déserter

Shlomo et Salama

Sur la route du Nord elle a croisé ses pas

Il a cru tout d’abord qu’elle ne le voyait pas

Shlomo et Salama

Entre le soleil et la mer

Ils ont vu d’autres choses à faire

C’était pour eux un jeu d’enfants

Ils ont gardé de leurs prières

L’espoir, l’amour et la lumière

Qu’ils donneront, qu’ils donneront

Qu’ils donneront... à leurs enfants

Yvan Lubrany

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