textes
Prévert
C’était de la craie blanche sur un tableau noir
C’était comme une revanche sur le désespoir
Un oiseau sur la branche qui n’attend qu’un regard
Celui d’un écolier qui voudrait s’envoler
Vite, vite, emmenez-moi loin d’ici
Sur vos ailes déployées
Je promets, de ne jamais vous quitter
C’étaient les feuilles mortes aux pieds des marronniers
Dans la cour de l’école je les voyais tourner
Quand le vent les emporte hors de notre portée
C’est un peu notre enfance trop vite envolée
Vite, vite, emmenez-moi loin d’ici
Dans un monde bleu et blanc
Sous le vent, et son murmure insouciant
Tous ses mots ses histoires je les faisais danser
Dans ma tête et plus tard sur un bout de papier
C’était Prévert je crois et je ne savais pas
Qu’après vingt ans déjà je vous chanterai ça
Vite, vite, emmenez-moi loin d’ici
Dans un pays de merveilles
Loin du temps, qui passe et m’ensommeille
Dans un pays de merveilles
Loin du temps, qui passe et me surveille
Ma religion
Ma religion me dit d’aimer,
c’est elle qui m’apprend le respect
Elle me suis souvent dans les jours
où la colère chasse l’amour
de mes pensées
Ma religion reste chez moi,
dans la rue vous n’la verrez pas
Elle n'aime pas sortir en public,
ça doit être son côté laïque…
Je connais ça…
Ma religion n’est pas jalouse,
mais elle a quelquefois le blues
Quand elle commence à dénombrer
les guerres que nous avons menées,
J’vais me cacher…
Ma religion est fatiguée,
de ce qu’on lui fait endurer
Elle se souvient qu’elle était née
pour apprendre aux hommes à s’aimer,
Se respecter
J’ai rassuré ma religion,
j’lui ai promis de taire son nom
Et si l’on me pose des questions,
je dirais que ma religion…
Se repose… en paix.
Femme endormie
C'est comme une histoire sans paroles
Un jeu de hasard ou bien de rôles
On se croise à peine on se frôle
Comment trouver ça drôle ?
Bien sûr depuis le temps je sais
Bien sûr depuis le temps tu sais
Nous savons bien ce que l'autre est
Et comment le blesser
Femme endormie,
Sur ton coeur meurtri,
Je dépose une fleur,
comme une excuse à mes erreurs
Est-ce que le jeu en vaut la chandelle ?
Qui de nous deux est le plus cruel ?
Un mot heureux peut briser ce duel
Mais qui manque à l'appel ?
Femme endormie,
Sur ton coeur meurtri,
Je dépose une fleur,
comme une excuse à mes erreurs
C'est vrai je trouve ça normal
De rester digne, rester mâle,
Oublie un peu l'homme idéal
Celui qui t'aime te parle
Femme endormie,
Sur ton coeur meurtri,
Je dépose une fleur,
comme une excuse à mes erreurs
L’usine
J’ai acheté un pantalon
pour faire plaisir à ma gamine
Je l’ai trouvé en promotion
pour cinq euros c’est pas la ruine
On peut dormir à la maison,
j’ai hypothéqué Rue Belleville
Il nous reste la télévision
pour devenir des imbéciles
On peut sortir voir les vitrines
même si c’est galère la faillite
Quand ils ont volé nos machines,
on connaissait déjà la suite…
Depuis que j’ai quitté l’usine
Y’a rien à se mettre sous la dent
J’me surprends à faire des terrines
Sauf que j’sais pas quoi mett’ dedans
De la poitrine de Président
et des tripes façon ministère
De la langue de gouvernement,
des morceaux de foies d’actionnaires…
Quand y’a plus rien à l’horizon,
que les murs grisés de la ville
La rage emporte la raison
vers des solutions trop faciles
On vient d’enterrer Frédéric
qu’a préféré la pendaison
On l’aimait bien à la fabrique
quand il nous poussait sa chanson
C’était pas l’internationale,
on y croit plus depuis longtemps
Mais le travail c’était vital,
qu’est-ce qu’on va bien faire maintenant ?
Depuis que j’ai quitté l’usine
Y’a rien à se mettre sous la dent
J’me surprends à faire des terrines
Sauf que j’sais pas quoi mett’ dedans
De la poitrine de Président
et des tripes façon ministère
De la langue de gouvernement,
des morceaux de foies d’actionnaires…
J’ai acheté un pantalon
pour faire plaisir à ma gamine
C’était du cent pour cent coton,
fabriqué dans l’Nord de la Chine…
J’ai chanté
Un matin,
j’ai coloré ma vie
D’un refrain
qui fait chanter la pluie
Toutes les pluies,
même celles qui tabassent
le premier con qui passe
son tour de parapluie
Et j’ai chanté, j’ai chanté,
Cette chanson perdue
Que j’avais entendue
Juste au coin de ma rue...
Ce refrain, je l’ai chanté ici
Un matin qui pleurait sur ma vie
Toutes les vies
ont ces moments qui cassent
Le premier con qui passe
en a sûrement subi
Mais j’ai chanté, j’ai chanté,
Cette chanson perdue
Que j’avais entendue
Juste au coin de ma rue...
Mais soudain, le vent a balayé
Mon refrain et les feuilles du quartier
Toutes les feuilles
à la pelle se ramassent
Le premier con qui passe
les pousse avec son pied
Sans espoir, j’allais laisser tomber
Le trottoir ne voulait plus chanter
Mon refrain dont je n’avais plus trace
C’est l’premier con qui passe
qui me l’a fredonné...
Et j’ai chanté, j’ai chanté,
Cette chanson perdue
Que j’avais entendue
Juste au coin de ma rue...
Si j'étais un ange
Moi, si j’étais un ange
Je volerais au-dessus des gens
Et je mettrais dans leurs cœurs
Du bonheur, du bonheur
Moi, si j’étais un ange
J’irais revoir ceux que j’ai aimés
Et toutes les larmes versées
S’envoleraient à jamais
Mais si tu n’peux pas
Rêver
Si la vie t’a baissé les bras
Je t’emmène dans ce rêve-là
Que je fais pour toi
Moi, si j’étais un ange
Je danserais au milieu des étoiles
Et j’oublierais tout ce qui fait mal
Dans la vie, dans la vie
Moi, si j’étais un ange
Je chanterais à travers les cieux
Pour essayer d’réveiller l’bon dieu
Pour ne pas qu’il t’oublie
Et si tu n’peux pas
Rêver
Si la vie t’a baissé les bras
Je t’emmène dans ce rêve-là
Que je fais pour toi…
La poudre aux yeux
Toi, qui partage un peu de mon moi
Qui tourne les pages et s’en va
Crois-tu que l’amour en naîtra
Réponds-moi la prochaine fois
Quoi, m’aimes-tu pour ce que j’ai là
Sens-tu l’amour qui dort en moi
Qui sait peut-être on le réveillera
Je ne veux pas te dire adieu
J’ai besoin de ta poudre aux yeux
En attendant de vivre mieux
De vivre à deux
Vois, la patience et le don de soi
Tout ce qui ne s’achète pas
Dis-moi si tu t’en serviras
Réponds-moi la prochaine fois
Quoi, m’aimes-tu pour ce que j’ai là
Sens-tu l’amour qui dort en moi
Qui sait peut-être on le réveillera
Je ne veux pas te dire adieu
J’ai besoin de ta poudre aux yeux
En attendant de vivre mieux
De vivre à deux
Il faut croire que l’amour est vieux
Si paresseux si capricieux
Qu’il ne laisse que la poudre aux yeux...
Je rêvais d’un matin
Je rêvais d’un matin
Où le soleil nous réveillerait
Par sa douceur lointaine
On se serait pris la main
Marcher le long des quais
Pour calmer la migraine
On aurait pris le train
Le Sud via Barcelone
Je voudrais qu’on le prenne
Et je t’aurais fait l’amour
Entre Grenoble et Marseille
Sous le soleil
Je rêvais d’un matin
Jusqu’au soir durerait
Par sa douceur lointaine
Mais où est donc ce train
Qui nous aurait mené
Où la vie est moins vaine
Ce blues que l’on craint
N’est-ce pas lui qui fait
Que l’on traîne et l’on traîne
Car nous ferons l’amour
Entre la table et la corbeille
C’est peut-être pareil
Je pleurais un matin
Seul à me réveiller
Avec cette migraine
Et je m’étais pris la main
Juste pour vérifier
Pour voir si mes veines
Transportaient du chagrin
Le bonheur , la vérité
Ou seulement de la veine
Je me serais fait l’amour
Avec une lame qui raye
Les rayons du soleil
Je te retrouverai un matin
Avec toi, ta beauté
Et tes seins et tes scènes
Et nous prendrons ce train
Le Sud via Barcelone
Je voudrais qu’on le prenne
Mais si tu veux rester là
Je tournerai autour de toi
Comme un soleil
Paroles & musique
Le jour de mon premier accord mineur
Ce jour-là je n’étais même pas majeur
Au lieu d’apprendre par cœur mes leçons
J’m’enfermais pour écrire des chansons
Et je crois
Que j’en suis toujours là
Chaque fois
Que viennent sous mes doigts
Paroles et musique
Y’a pas de mots sans un accord majeur
Sans ce rideau qui s’ouvre tout à l’heure
Y’a pas d’chansons si y’a pas de chanteur
C’est l’émotion qui fait vibrer le cœur
Et je crois
Que la passion est là
Chaque fois
Que je donne à ma voix
Paroles et musique
Le jour de mon dernier accord mineur
Aura peut-être le goût du malheur
Au lieu de pleurer sur mon oraison
Je chanterai ma dernière chanson
Et je crois
Que je n’oublierai pas
Toutes les fois
Où j’ai donné ma voix
Paroles et musique…
Mélodie d'amour
J'ai 30 ans, le double dans ma tête,
Comme si j'étais du temps
Du temps d'il y a 30 ans,
du temps de mes parents
Je me souviens de ces slogans
De ces rêves adolescents
Et je me demande,
est-il interdit d'internet ?
MELODIE D'AMOUR
QUI TOMBE DANS L'OREILLE
D'UN SOURD
Bien chez soi, bien loin du froid,
On se chauffe à la télé
Comme si le soleil
n'avait jamais existé
Et moi je sèche les larmes d'un Auguste
Qui me dit que c'est pas juste
On a cloné les clowns,
le cirque va fermer
MELODIE D'AMOUR
QUI TOMBE DANS L'OREILLE
D'UN SOURD
Des droits gagnés en batailles menées
Quelques devoirs oubliés
Et vouloir le respect, sans jamais en donner
Tu vois Papa, Pépé a bien raison
De nous donner des leçons
Drôle de génération, je connais la chanson...
MELODIE D'AMOUR
QUI TOMBE DANS L'OREILLE
D'UN SOURD
J'ai 30 ans, le double dans ma tête,
Comme si j'étais du temps...
J’ai peur
Si d’abord, on parlait d’amour
Si d’abord on parlait de la mort,
Par où commencer dès lors ?
Si l’bonheur,
n’était qu’une histoire de coeur
Où seraient nos frères noceurs
Si d’aventure on les pleure
J’ai peur, serre-moi fort
et donne-moi ta chaleur
Plus près de mon coeur
J’ai peur,
De savoir que dans une demi-heure
Un autre en meurt
Si tu veux, on leur écrira des mots,
De l’espoir qui tient bien chaud
Placebo sur le tempo
J’ai peur, serre-moi fort
et donne-moi ta chaleur
Plus près de mon coeur
J’ai peur, d’avoir presque fait
en d’autres heures
La même erreur…
Yvan Lubrany

